Cette norme Française est orientée étanchéité toiture terrasse. Le sujet de l’Eau y est naturellement abordé dans le cadre de la protection de l’ouvrage.
Un sous - chapitre concerne le stockage temporaire de l’eau mais pour un cas très particulier : toitures terrasses non accessibles.
La notion « de toitures non accessibles » signifie simplement que les accès et circulations en toiture ont lieu une ou deux fois par an par rapport aux toitures techniques où les interventions sont plus fréquentes. Cette classification est orientée détermination des dégradations possibles de l’étanchéité et non liée à une quelconque incidence d’une rétention temporaire.
On peut noter que la toiture terrasse induit automatiquement la mise en œuvre d’équipements, ce qui la rend « accessible ».
La question qui se pose est alors : « Peut-on envisager une rétention pour les autres types de toiture terrasse ? ». Il semble que oui, il reste simplement à le démontrer à partir de la norme elle-même.
La norme stipule que les études doivent être menées par un BET spécialisé. Il faut aussi comprendre que les études ne sont pas fondamentales, mais attachées à un produit dans un domaine particulier.
Le domaine est le suivant :
- Hauteur maximale de rétention de 85 mm
- Écoulement par déversoir pour de faibles hauteurs d’eau
- Écoulement par ajutage en présence ou non de gravillons
- Écoulement horizontal à l’air libre
- Utilisation des valeurs moyennées des écoulements d’une phase eau continue constituée de N particules.
L’écoulement à l’air libre concerne le cas de dalles sur plots
Le cas n° 5 est relatif aux essais effectués à partir d’un « prototype du RainTop® » et d’un banc. La formule générale de l’écoulement qui en découle peut alors s’écrire :
Q = μΩ√2gh + Σqi, formule qui devient Σqi pour h petit
Les études portent sur Σqi, donc sur des valeurs moyennées de l’écoulement continu.
Le champ d’application de la norme est inchangé :
- Éléments porteurs en maçonnerie
- Climat de plaine
Nota : la notion de climat de plaine induit une altitude inférieure ou égale à 900 m. Le présent document ne s’applique pas aux couvertures en bac acier.
Le tableau ci-après mentionne les pentes admises, il y est adjoint une colonne concernant la possibilité de stockage temporaire des eaux pluviales.

Deux cas sont à étudier en complément :
- Zone technique
- Accessible piétons avec dalles sur plots
L’article 9.4.2.1 stipule le type d’isolant : ceux des toitures techniques.
L’isolation inversée complexifie le sujet par création d’un film entre l’étanchéité et la sous - face de l’isolant. Nous ne sommes plus dans le domaine d’application des essais.


Nota : la hauteur des plots de 16 cm permet de gérer le cas des terrasses privées et collectives, ainsi que le tirant d’air nécessaire à l’écoulement sous les dalles.
Hauteur de rétention : 85 mm
Tolérance d’horizontalité : 0 - 30 mm
Tirant d’air : 45 - 75 mm, valeur moyenne estimée de 60 mm
La détermination du fonctionnement par trop plein est effectuée à partir des essais menés par la société EROA dans la plage [0 – 10 mm].La classe de RainTop® est définie par rapport à ce fonctionnement. Une sécurité est appliquée pour tenir compte que l’hypothèse α = 0 ne sera jamais atteinte, ce qui a pour conséquence de réduire le tirant d’air.
* Le tableau prend en considération une terrasse technique. Il sera vu qu’il est possible d’envisager un autre type de protection dans le cas d’une zone technique et dans le cadre de respect de certaines conditions.
L’utilisation du RainTop® induit une hauteur d’eau de 65 mm dans le cas d’utilisation d’une protection lourde meuble et 85 mm dans le cas de dalles sur plots. Le cas dallage est plus complexe de par la présence de massifs supports des équipements.

Nota : la valeur d’eau retenue dans le cas de protection par dallage est fixée à 65 mm pour tenir compte de l’’incidence des émergences des appuis. La surcharge climatique maximale est inférieure à la surcharge d’exploitation minimale fixée à 1 kN/m² dans le cas de toitures inaccessibles.

Le RainTop® assure les deux fonctions mentionnées à l’article 9.4.4.2 :
- La régulation
- Le Trop plein
Le RainTop® est posé sur le revêtement d’étanchéité ou sur la protection lourde dans le cas du dallage.
Le RainTop® est posé avec son lest y compris dans le cas de protection lourde par dalles sur plots.
La toiture végétalisée intensive présente certaines caractéristiques « eau » équivalentes à celle du milieu « terre in situ ». On peut donc conclure que la vitesse de la phase eau, continue ou non, est faible à l’intérieur du massif. Cette caractéristique induit l’existence d’un temps de retard inconnu.
Ce type de toiture n’entre pas dans le cadre du domaine défini en préambule.
Il est possible d’envisager une régulation dans certains cas qui seront abordés dans le tableau ci-après issu d’une étude du CSTC

On peut conclure que ce type de conception ne correspond pas aux critères définis pour la régulation maîtrisée au vu des épaisseurs de structure sauf éventuellement pour les cas 1 et 4. Ces deux cas induisent simplement une faible hauteur de rétention résiduelle (de l’ordre de 30 à 40 mm), valeur insuffisante pour respecter le principe de limitation des impacts externes.
Il faut rappeler que les études sont orientées impact interne et impact externe
On en déduit qu’il faille ajouter un autre système si on veut envisager une solution qui prenne en compte les deux types d’impacts.
On peut établir le tableau ci-après en fonction de la destination des toitures terrasses.

La rétention est possible pour d’autres cas que la toiture inaccessible selon les critères définis par la norme. On note que la toiture végétalisée n’est pas adaptée à la fonction rétention maîtrisée comme définie en préambule, et n’est pas la solution pour gérer les impacts externes à la parcelle.

Cas n° 1 : toiture inaccessible - toiture avec dalles sur plots et niveau logement
Cas n° 2 : terrasse technique
Cas n° 3 : zone technique (*Ce cas est géré par le logiciel Détermination)



